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Voyage de Chihiro : pourquoi ce film de Miyazaki est un

Voyage de Chihiro : pourquoi ce film de Miyazaki est un
Photo : Julien via Pexels

La première fois que j'ai vu le voyage de chihiro, c'était en 2003, dans une salle obscure à Paris. Je n'avais pas compris pourquoi une petite fille en sandales rouges traversait un tunnel. Aujourd'hui, je sais que ce tunnel mène à l'enfance, à la perte, à la renaissance. Le 16 janvier 2026, la RATP a lancé une exposition Dans le rétro sur ses métiers oubliés. Ça m'a fait réfléchir : comme les tunnels du métro parisien, celui de Miyazaki cache des mondes disparus. Le voyage de Chihiro n'est pas juste un dessin animé. C'est une cartographie de l'âme humaine, un guide pour traverser le chaos. Voici pourquoi ce film reste, vingt ans après, une œuvre qui vous rattrape à chaque âge.

La symbolique du tunnel : entrer dans l'inconnu

Chihiro ne choisit pas son aventure. Elle suit ses parents, tête baissée, dans un tunnel qui sent la pierre humide. À la sortie, plus de monde connu : un village fantôme, des restaurants vides, des odeurs de nourriture. C'est le choc de la découverte. Pour moi, ce passage évoque les premiers pas dans une ville étrangère. Le sol tremble, les repères s'effacent. Miyazaki filme ce désarroi avec des plans serrés : Chihiro agrippe sa jupe, respire vite. C'est exactement ce qu'on ressent à Tokyo quand on sort de la gare de Shinjuku pour la première fois. Le tunnel est une métaphore du voyage initiatique : on entre enfant, on ressort différent.

Le monde des esprits : une société en crise écologique et sociale

Le voyage de chihiro dépeint un monde parallèle où les dieux se baignent dans des sources thermales, où les poissons volent et où un dragon blessé saigne. Mais sous la fantaisie, Miyazaki montre une société malade. Le dieu puant, quand on le nettoie, révèle un amas de déchets humains : vélos rouillés, plastique, canettes. C'est une critique directe de la pollution industrielle japonaise des années 1990. La mère de Haku, la rivière comblée par des immeubles, raconte la destruction des écosystèmes. Aujourd'hui, en 2026, avec la multiplication des canicules et des inondations, cette séquence frappe plus fort. Le film nous dit : pour guérir, il faut d'abord regarder la crasse.

Chihiro, une héroïne sans super-pouvoirs

Elle n'a ni épée ni magie. Son arme, c'est le travail. Dès son arrivée au bain public, Yubaba la force à signer un contrat : elle devient employée, nettoie les sols, sert les clients. C'est une leçon de résilience. J'ai souvent cité ce passage à des amis qui voulaient démissionner après un mois. Chihiro ne pleure pas longtemps : elle enfile son tablier et elle agit. Miyazaki a expliqué en entretien vouloir montrer que les enfants peuvent trouver leur force dans l'effort. Pas besoin de sauver le monde : sauver ses parents, un ami, son propre souvenir, ça suffit. Cette modestie fait la puissance du personnage.

Épreuve de ChihiroSymboleLeçon de voyage
Signer le contrat avec YubabaAliénation au travailAccepter les règles d'un nouveau pays pour survivre
Nettoyer le dieu puantPollution et rédemptionNe pas fuir ce qui est dégoûtant, le transformer
Monter dans le train sans billet de retourVoyage intérieurParfois, il faut avancer sans savoir où
Rendre le sceau d'or à ZenibaRéparation des erreursLe pardon passe par une action concrète

Le train sur l'eau : une des scènes les plus libres du cinéma

À mi-film, Chihiro monte dans un train qui glisse sur une mer calme. Pas de rails, pas de destination affichée. Les passagers sont des ombres silencieuses. Le paysage défile : des îlots, des maisons abandonnées, un ciel qui passe du bleu au rose. C'est une séquence méditative. Miyazaki a dit s'être inspiré des voyages en train de son enfance, quand le Japon était moins connecté. Aujourd'hui, avec les shinkansen qui traversent le pays à 300 km/h, on a oublié cette lenteur. Le voyage de chihiro nous rappelle que le déplacement est aussi un temps pour soi. Pas de téléphone, pas de musique : juste le bruit de l'eau et le souffle du vent. Si vous prévoyez un voyage au Japon en 2026, prenez un train local entre Kyoto et Nara. Vous comprendrez.

Yubaba et Zeniba : le miroir de nos choix

La sorcière Yubaba est grosse, avide, cruelle. Sa sœur jumelle Zeniba est douce, généreuse, sage. Elles habitent le même corps ? Non, elles sont les deux faces d'une même énergie. Yubaba contrôle par la peur et les contrats ; Zeniba offre de la tisane et de l’amitié. Pour moi, c'est le dilemme de tout voyageur : on peut choisir de voir l'étranger comme une menace (Yubaba) ou comme une opportunité de croissance (Zeniba). Quand Chihiro rend visite à Zeniba, elle tisse un lien vrai. Elle aurait pu rester dans la peur. Mais elle choisit la confiance. C'est ça, grandir.

L'impact culturel du voyage de chihiro : un pont entre l'Occident et l'Orient

Le film a remporté l'Ours d'or à Berlin et l'Oscar du meilleur film d'animation en 2003, une première pour un film non américain. Depuis, il a été adapté en pièce de théâtre au Japon (2022), en exposition immersive à Tokyo (2024) et même en parc à thème (Ghibli Park, ouvert en 2022, agrandi en 2025). Des millions de touristes visitent les sources thermales de Dogo Onsen, qui ont inspiré le bain public. Le voyage de chihiro a créé un imaginaire partagé. Quand vous parlez de « tunnel mystérieux » ou de « train sans conducteur » à un Japonais, il sourit. Le film est devenu un référent culturel, comme Le Magicien d'Oz aux États-Unis.

Comment vivre son propre voyage de Chihiro au Japon en 2026

Vous voulez marcher dans les traces de Chihiro ? Voici des lieux réels qui ont inspiré le film :

Pour planifier votre séjour, jetez un œil au site officiel du tourisme japonais pour les mises à jour sur les réservations et les saisons. En 2026, le pays a encore assoupli les visas pour les touristes français (90 jours sans visa, vérifiez avant de partir).

Ce que le voyage de chihiro m'a appris sur l'art de s'évader

J'ai vu ce film une dizaine de fois. À 20 ans, je retenais l'aventure. À 30, la perte d'identité. À 40, la résilience. Le voyage de chihiro ne donne pas de réponses. Il pose des questions : qu'est-ce que tu es prêt à perdre pour grandir ? Jusqu'où ira ta loyauté ? Peut-on revenir en arrière ? Ces questions, je les ai retrouvées à chaque voyage : dans un bus de nuit au Vietnam, dans un ryokan isolé à Hakone, dans un temple au milieu des rizières. Le film m'a appris que s'évader, ce n'est pas fuir. C'est traverser le tunnel, même si on a peur, parce que de l'autre côté, il y a une version de nous-même qui nous attend.

Alors, la prochaine fois que vous chercherez un film pour vous préparer à un voyage, ne prenez pas un guide. Prenez le voyage de chihiro. Regardez-le seul, dans le noir, sans téléphone. Et ensuite, allez marcher dans un quartier que vous ne connaissez pas. Le tunnel commence là.

Questions fréquentes

Le voyage de Chihiro est-il adapté aux enfants ?
Oui, mais il faut prévenir les petits que certaines scènes (parents transformés en cochons, apparition de Yubaba) peuvent faire peur. À partir de 7 ou 8 ans, ils en saisissent le sens. À tout âge, il provoque des discussions.
Où voir le voyage de Chihiro en version originale sous-titrée en 2026 ?
Le film est disponible sur Netflix (abonnement requis) et en DVD/Blu-ray chez GKIDS. En salle, des cinémas d'art et d'essai (comme le Studio des Ursulines à Paris) organisent des projections ponctuelles. Vérifiez les horaires sur vos applis locales.
Quels sont les thèmes principaux du voyage de Chihiro ?
La perte de l'enfance, la résilience face à l'adversité, la critique de la société de consommation et de la pollution, la quête d'identité, et la valeur du travail humble. Chaque thème est porté par une symbolique forte (le tunnel, le bain, le train).